Je ne sais pas ce qui est bon pour vous. (Et c’est une bonne nouvelle!)

« Dites-moi quoi faire. » C’est une attente naturelle, souvent le reflet d'une fatigue profonde et d'un besoin de béquille face au stress ou à l'anxiété. Pourtant, dans cet article, je vous explique pourquoi mon refus de "savoir" à votre place est le plus beau cadeau pour votre liberté. Découvrez comment la Gestalt-thérapie vous permet de lâcher le poids des normes et des attentes extérieures pour redevenir l’unique expert de votre propre vie.

GESTALT-THÉRAPIE ADULTE

1/29/20264 min read

Gestalt thérapie : un thérapeute ne sait pas ce qui est bon pour vous
Gestalt thérapie : un thérapeute ne sait pas ce qui est bon pour vous

Je ne sais pas ce qui est bon pour vous. Pourquoi c'est une bonne nouvelle.

Nous commençons notre première séance. C’est un moment particulier. Un moment de rencontre, où je découvre ce qui vous amène à pousser la porte de mon cabinet. Nous sommes là, face à face.

Et souvent, avant même que les mots arrivent, je sens que quelque chose se passe en vous.
Le souffle est un peu court. Les épaules sont hautes. Quelque chose attend.

Puis la question arrive, parfois doucement, parfois avec urgence :

Je reconnais profondément cet endroit-là. Quand la fatigue s’accumule, que le stress est présent au quotidien, quand l’anxiété devient un bruit de fond, quand la confiance en soi s’effrite, l’idée qu’un autre sache à votre place peut être un immense soulagement. Comme si quelqu’un, enfin, allait prendre le volant.

C’est humain. Et profondément compréhensible.

Et pourtant, dans l’accompagnement thérapeutique, et particulièrement en Gestalt-thérapie, ma réponse peut surprendre : je ne sais pas.

Je ne sais pas ce qui est mieux pour vous. Je ne sais pas ce qui est juste pour votre vie.
Et je vous assure : c’est une excellente nouvelle.

Parce que c’est précisément là que le travail commence. Ensemble.

Se libérer du poids des autres : quand les « il faut » étouffent

Nous avons appris très tôt à nous tourner vers l’extérieur. Vers ceux qui savent. Ceux qui évaluent. Ceux qui disent ce qui est bien ou non. Nous grandissons avec toute une bibliothèque de normes sociales et familiales. Et oui, c’est aussi nécessaire pour se construire.

Mais même adulte, quelque chose en nous continue parfois d’espérer une consigne claire. Une direction. Une validation. Comme si le corps attendait encore un feu vert pour avancer.

De tout cela, nous gardons parfois des croyances ou des habitudes qui, avec le temps, deviennent plus gênantes qu’aidantes.
Des phrases toutes faites, intériorisées sans même s’en rendre compte :

En Gestalt-thérapie, nous appelons cela des introjections : ce sont des règles que nous avons avalées sans mâcher. Elles ne font parfois plus de bruit, mais elles pèsent.

Il y a une vérité qui peut être inconfortable à entendre, mais profondément structurante :

Attendre que l’autre sache à votre place, c’est souvent rester figé dans une dépendance ancienne.

Alors si, à mon tour, je vous donnais une direction toute faite, je n’ajouterais qu’un nouveau « il faut » sur vos épaules.

J’utilise souvent cette image. Imaginez que nous marchions ensemble en montagne.
Je connais le terrain. Les passages étroits. Les zones où l’on glisse facilement. Les endroits où l’on a tendance à tourner en rond.

Mais je ne marche pas devant vous en vous criant des directions.
Je marche à côté. C’est vous qui sentez si le chemin est trop raide. C’est vous qui choisissez le rythme. C’est vous qui décidez si vous voulez visez un sommet, ou simplement un endroit pour respirer.

Parfois, je tiens la lampe. Parfois, je vous signale un obstacle que vous ne voyez plus, à force de l’éviter. Parfois aussi, je vous invite à vous arrêter, à sentir ce qui se passe, à vérifier si continuer ainsi est vraiment ce que vous souhaitez choisir.

Ce n’est pas un chemin tout tracé. C’est un chemin qui se révèle en marchant. En expérimentant. En osant.

Retrouver l’ajustement créateur : votre manière singulière d’être au monde

Il n’existe pas de « bonne façon » de vivre. Il existe des manières d’être, de faire, d’entrer en relation, qui vous rendent plus vivants… et d’autres qui vous éteignent.

En Gestalt-thérapie, nous parlons d’ajustement créateur : cette capacité profondément humaine à inventer, moment après moment, une réponse qui vous ressemble.

Pour certains, l’élan vital circule dans le mouvement, le lien, la création. Pour d’autres, il se déploie dans le retrait, le silence, la lenteur. Quand vous forcez un modèle qui n’est pas le vôtre, le corps le signale toujours : fatigue, tensions, perte d’envie, anxiété diffuse.

Ce ne sont pas des ennemis. Ce sont des messages. Mon travail n’est pas de vous orienter vers une norme de bien-être, mais de vous aider à écouter ce qui, en vous, cherche déjà son propre chemin.

Comme un guide de montagne : marcher à vos côtés, pas à votre place

De la survie à la souveraineté

Mon « non-savoir » n’est pas un manque. C’est un espace vide, libre et sûr pour que votre propre vérité puisse émerger.
Celle qui se sent dans la chair quand quelque chose est enfin "juste".

Si, en lisant ces lignes, quelque chose en vous se reconnaît, alors peut-être que le travail a déjà commencé.

Si vous souhaitez explorer cela, je vous accueille à Versailles ou en visioconsultation.

Ce qui se passe concrètement en séance

Une séance de Gestalt n’est pas seulement un espace pour raconter votre histoire.
C’est un espace vivant, privilégié, de l’ici et maintenant.

À certains moments, je peux vous inviter à ralentir. À quitter la tête pour porter attention au corps, aux ressentis. Est-ce que ça se resserre ? Est-ce que ça se fige ? Est-ce que quelque chose circule davantage quand vous mettez des mots ?

Je vous partage ce que j’entends, ce que j’observe, ce qui me questionne. Pas comme une vérité sur vous, mais comme un miroir.

Je ne suis pas là pour corriger ou analyser à distance, mais comme une présence engagée, pour que vous puissiez, peu à peu, reprendre les rênes de votre expérience, votre autonomie et votre responsabilité.

Note finale : Cet article est un éclairage issu de ma pratique de Gestalt-praticien. Il ne propose ni vérité absolue, ni solution toute faite. Chaque cheminement est singulier.

Auteur : Ronan Marchix - Praticien Gestalt à Versailles